CP GG Candidat EM mars 2022

Le président-candidat a finalement dévoilé son programme. Un éventail de mesures qui penche clairement à droite.

C'est bien à 65 ans (contre 62), que sera progressivement fixé l’âge légal de départ. En matière d’immigration, le candidat durcit le ton en voulant rendre plus restrictives les conditions de délivrance des cartes de séjour pluriannuelles. Pour les personnes frappées d’une obligation de quitter le territoire, il souhaite des « procédures d’éloignement plus rapides et effectives », notamment pour les déboutés du droit d’asile.

S’il insiste sur le « soutien monétaire » dû aux bénéficiaires du RSA, c’est pour mieux l’assortir d’une obligation d’une « activité permettant d’aller vers l’insertion professionnelle » de 15 à 20 heures par semaine. Un totem de droite, le Président allant jusqu’à reprendre l’exigence habituellement formulée chez LR d’un « équilibre des droits et des devoirs ».

Cela témoigne de deux choses. :  d’une forte déconnexion de la réalité quotidienne de nos concitoyens les plus éloignés de l’emploi et de la méconnaissance totale du travail social d’insertion réalisé dans les Départements.

Après Valérie Pécresse et Nicolas Dupont-Aignan, Emmanuel Macron reprend à son compte l’idée droitière de conditionner l'obtention du revenu de solidarité à un minimum d'activité. Le revenu de solidarité active est un complément trop modeste pour juguler la pauvreté. Par cette proposition, il risque surtout de contribuer à la multiplication des emplois paupérisant.

Une nouvelle fois, le candidat Président tombe dans l'écueil de la culpabilisation voire de la pénalisation de la pauvreté. Une nouvelle résurgence de la logique théorisée par notre Président "des devoirs avant les droits". Et sinon quoi ? la misère ?

Nous, Départements assurons les solidarités du quotidien ; de la protection de l’enfance à la dépendance sans oublier la réinsertion des bénéficiaires du RSA vers l'emploi. Nous connaissons les problématiques économiques, sociales, psychiques inhérentes à une population qui à contre-cœur en appellent à la solidarité nationale pour survivre. En prise avec le terrain avec l'ensemble des acteurs associatifs, nous condamnons fermement ce nouveau coup de barre néolibéral destiné à affaiblir notre système de protection sociale.

Après avoir mis en œuvre durant cinq ans une remise en cause permanente de nos acquis sociaux, c'est un nouveau coup de massue sur nos concitoyens les plus pauvres qui se profile ! Alors que plus d'un tiers des Français pouvant recourir à ce type d'aides sociales n'en font pas la demande, ces annonces témoignent d'une idéologie déconnectée des réalités sociales.

Si nous continuons dans cette voie désormais assumée "des devoirs avant des droits", nous allons vers la destruction de nos acquis collectifs au nom de la lutte contre la fraude sociale et le fantasme d'une gabegie d'argent public.

Face à ce nouveau coup de boutoir social, nous en appelons à une bienveillance sociale qui manque tant aux débats de cette élection présidentielle. Nous faisons enfin nôtres les recommandations du récent rapport du Conseil national des politiques de lutte contre la pauvreté et l’exclusion sociale (CNLE) qui invite à la prudence des mesures coercitives qui sont à l'opposé de la définition de notre Etat social.